“Don Quichotte” de Kathy Acker
ou la traduction donquichottesque
Kathy Acker, pirate des lettres, plagiaire magnifique, passe son œuvre à questionner le concept d’originalité, qui lui paraît caduc au XXe siècle, et dans ce “Don Quichotte” plus que dans aucun de ses autres textes. En réinventant en 1986 le roman picaresque de Cervantès, dans lequel son don Quichotte est une femme, elle s’impose d’emblée, par cet infratexte, un cadre, un référent conceptuel.
Un des aspects modernistes du texte de Miguel de Cervantès fut sa mise en question de la position auctoriale, notamment en stipulant que le texte dont il nourrissait ses écrits avait été produit par l’Arabe Cid Hamet Benengeli, véritable auteur du texte. Cette première mise en abyme permettait d’ouvrir la boîte de pandore du palimpseste et de l’intertextualité dont Kathy Acker s’est ensuite régalée.

