En mémoire de Kathy Acker

Une approche à la manière de Deleuze et Guattari

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L’écrivain postmoderne Kathy Acker est morte le 29 novembre 1997, le corps ravagé par le cancer. Elle est morte dans une clinique qu’elle était allée chercher au Mexique pour y suivre un traitement alternatif. Ce n’est que très récemment qu’elle avait subi une double mastectomie et pour diverses raisons, certaines d’ordre financier, elle s’était détournée des traitements modernes, la chimiothérapie ou l’ablation du sein par exemple, pour choisir des traitements naturels.
Kathy Acker naît en 1944 et grandit New York dans une riche famille juive allemande. Son père quitte sa mère avant qu’elle naisse, il résulte une relation difficile entre elle et sa mère, et elle se sent toujours marginale dans une famille bourgeoise. À dix-huit, sa famille lui coupe les vivres. Au début des années soixante, elle suit des cours de littérature à l’université de Boston et en Californie. Elle emménage ensuite à New York et y travaille un temps comme strip-teaseuse pour subvenir à ses besoins. Parallèlement, elle fréquente assidûment la scène littéraire et poétique de St. Mark’s Place. Cette combinaison impossible signifie qu’elle est toujours déchirée, vivant une double vie, dans deux Moi différents. À cette époque, elle ne trouve pas sa place dans la culture hippy émergeante qui déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin aux homosexuels, dealers, travestis, prostituées et autres déviants. Elle écoute le Velvet Underground, travaille sur la 42e rue, n’est jamais très loin du milieu d’Andy Warhol et de la faune de la Factory en général. Sa mère, qui s’est remariée tardivement, se suicide au milieu des années soixante-dix. Il semble que ce drame joue un rôle important dans son écriture, mais aussi dans sa vie.

Le 13 janvier, 2012

Wojnarowicz, un homme d’exception

Patrick Thévenin

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David David Wojnarowicz était homosexuel, écrivain, photographe, perfomer… Un artiste issu de la scène de l’East Village des années 80, ami des photographes Peter Hujar et Nan GoIdin. Il est mort du sida le 22 Juillet 1992, à l’âge de 37 ans. Une semaine, plus tard, Act Up-New-York, dont Wojnarowicz était proche, organisa une manifestation ; on pouvait lire sur les banderoles noires que tenaient les militants : « David Wojnarowicz, 1954-1992, mort du sida à cause de la négligence du gouvernement. » L’enterrement de l’artiste fut un symbole de la lutte menée par Act Up, un symbole violent que David avait lui-même appelé de ses vœux lorsqu’il écrivait un an auparavant dans son chef-d’œuvre Au bord du gouffre, enfin traduit en français et publié au Serpent à Plumes : « Imaginons que les proches organisent une manifestation chaque fois qu’un amant, un ami ou un inconnu meurt du sida. Imaginons qu’à chaque fois qu’un amant, un ami ou un inconnu meurt de cette maladie ses amis, ses amants ou ses voisins s’emparent du corps pour foncer vers Washington DC et franchissent en trombe le portail de la Maison-Blanche et s’arrêtent dans un crissement de pneus pour déposer le linceul sans vie sur les marches du perron. Qu’il serait réconfortant de voir ces amis, ces voisins, ces amants et ces inconnus marquer le lieu et l’époque et l’histoire d’une pierre blanche.»

Le 20 décembre, 2011

David Wojnarowicz, 37 ans, artiste à multiples facettes

Michael Kimmelman, New York Times

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David Wojnarowicz, un des artistes les plus singuliers des années 80, qui fut au centre du récent débat concernant la NEA [National Endowment for the Arts, Institution culturelle d’aide à la création N.d.T.] en raison de son travail passionné et polémique sur le sida, est décédé mercredi soir chez lui, à Manhattan. Il était âgé de trente-sept ans.

Il est mort du sida, a déclaré son compagnon, Tom Rauffenbart.

M. Wojnarowicz (prononcer voy-na-RO-vitch) utilisait différents médias, les mêlant le plus souvent, pour produire des œuvres qui se distinguaient par la rage et servaient à exprimer ses désirs intimes. Ses peintures, photographies, installations, performances et textes étaient dirigés contre l’ordre établi de même qu’ils déploraient la mort. Il ne s’intéressait pas seulement au sida mais à bien d’autres sujets, généraux ou personnels. Son œuvre pouvait sembler simpliste ou prosélytique. Mais elle pouvait aussi être dérangeante, ironique et émouvante.

Le 15 décembre, 2011

David Wojnarowicz

Félix Guattari

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C’est parce que l’œuvre créatrice de David Wojnarowicz procède de toute sa vie qu’elle a acquis une pareille puissance. C’est, en effet, par son œuvre plastique et ses textes littéraires qu’il s’est construit tel qu’il est aujourd’hui. Enfant très vite livré à lui-même, vivant d’expédients, s’adonnant à la prostitution dès l’âge de neuf ans, c’est la rencontre d’un adulte qui pressentit sa vocation d’artiste et d’écrivain qui devait réorienter radicalement son existence.

Au commencement, son œuvre plastique consistait à faire des pochoirs sur les murs de New York, en particulier des bombardiers en flammes et des maisons qui explosaient. Jusqu’au jour où il se mit à faire de grandes fresques dans un entrepôt abandonné. Rejoint par une trentaine d’amis artistes, ce lieu fut investi durant trois mois jusqu’à ce que des journalistes s’en mêlent. C’est ainsi qu’est né l’East Village Art.

Le 15 décembre, 2011