“Don Quichotte” de Kathy Acker

ou la traduction donquichottesque

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Kathy Acker, pirate des lettres, plagiaire magnifique, passe son œuvre à questionner le concept d’originalité, qui lui paraît caduc au XXe siècle, et dans ce “Don Quichotte” plus que dans aucun de ses autres textes. En réinventant en 1986 le roman picaresque de Cervantès, dans lequel son don Quichotte est une femme, elle s’impose d’emblée, par cet infratexte, un cadre, un référent conceptuel.
Un des aspects modernistes du texte de Miguel de Cervantès fut sa mise en question de la position auctoriale, notamment en stipulant que le texte dont il nourrissait ses écrits avait été produit par l’Arabe Cid Hamet Benengeli, véritable auteur du texte. Cette première mise en abyme permettait d’ouvrir la boîte de pandore du palimpseste et de l’intertextualité dont Kathy Acker s’est ensuite régalée.

Le 8 mars, 2012

David Wojnarowicz dans “Télérama”

Par Jean-Claude Loiseau

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Qui connaît David Wojnarowicz ? Pour découvrir cet artiste plasticien et écrivain américain, mort du sida en 1992, et voici la plus radicale des introductions. De ses errances de jeunes prostituées occasionnelles à New York à son combat contre la maladie, il réinvente sa vie en une sarabande d’expériences crues, rageuses, poétiques. Le récit, secoué par les fulgurances du texte et le réalisme disloqué par les incessants coups de boutoir oniriques, est le testament graphique d’un artiste révolté.
David Wojnarowicz est disparu avant de pouvoir les achever. Deux de ses amis l’ont fait pour lui. Comme un hommage qui est aussi un coup d’éclat.

Le 6 février, 2012