La voix d’une rebelle, par Ben Ehrenreich

Kathy Acker By Matias Viegener 1993

J’ai acheté en poche le premier roman publié de Kathy Acker dans une librairie d’occasion, et avant de rentrer chez moi, je n’avais pas remarqué qu’il avait été annoté au stylo à bille. Il – j’ai toujours pensé que le gribouilleur était un jeune homme puritain et plutôt surexcité – avait entouré d’un rond bleu chaque vilain mot : trois sur la première page, trois sur la deuxième. Apparemment, il en a eu assez aux environs de la page 21, parce que les cercles (cinq pour un paragraphe) s’interrompent alors.

Don Quichotte de Kathy Acker ou la traduction donquichottesque

Kathy Acker, ©kathy brew

Kathy Acker, pirate des lettres, plagiaire magnifique, passe son œuvre à questionner le concept d’originalité, qui lui paraît caduc au XXe siècle, et dans ce Don Quichotte plus que dans aucun de ses autres textes. En réinventant en 1986 le roman picaresque de Cervantès, dans lequel son don Quichotte est une femme, elle s’impose d’emblée, par cet infratexte, un cadre, un référent conceptuel.

Le nombriliste romantique

Numbers de John Rechy

Lorsque la plupart des romanciers se rendent à une fête, ils n’ont pas à s’inquiéter à l’idée d’être menacés, défiés, ou jetés à terre. Pourtant les choses se passaient ainsi pour John Rechy à l’époque où il était de toutes les fêtes d’Hollywood et ses environs. « À l’époque, j’étais très connu » déclare l’auteur de Cité de la nuit, chronique révolutionnaire de 1963 de la prostitution homosexuelle.

Midnight Cowboy : John Rechy évoque 40 ans de prostitution

John Rechy / crédit : Roger Davies

En 2008, John Rechy évoque 40 ans de prostitution dans cet article écrit par Rupert Smith pour The Independent.
Le jour, il écrivait des romans aujourd’hui salués comme des classiques de la littérature américaine, la nuit il arpentait les rues pour se prostituer.

John Rechy, entretien avec Jon Savage, 1990

John Rechy / crédit : Roger Davies

Dans cet entretien, John Rechy évoque Los Angeles, Numbers, Cité de la nuit, ses influences musicales, le mouvement Beats ainsi que la communauté Gay et son rapport au à l’épidémie du Sida.