Le nombriliste romantique

Numbers de John Rechy

Lorsque la plupart des romanciers se rendent à une fête, ils n’ont pas à s’inquiéter à l’idée d’être menacés, défiés, ou jetés à terre. Pourtant les choses se passaient ainsi pour John Rechy à l’époque où il était de toutes les fêtes d’Hollywood et ses environs. « À l’époque, j’étais très connu » déclare l’auteur de Cité de la nuit, chronique révolutionnaire de 1963 de la prostitution homosexuelle.

Midnight Cowboy : John Rechy évoque 40 ans de prostitution

John Rechy / crédit : Roger Davies

En 2008, John Rechy évoque 40 ans de prostitution dans cet article écrit par Rupert Smith pour The Independent.
Le jour, il écrivait des romans aujourd’hui salués comme des classiques de la littérature américaine, la nuit il arpentait les rues pour se prostituer.

John Rechy, entretien avec Jon Savage, 1990

John Rechy / crédit : Roger Davies

Dans cet entretien, John Rechy évoque Los Angeles, Numbers, Cité de la nuit, ses influences musicales, le mouvement Beats ainsi que la communauté Gay et son rapport au à l’épidémie du Sida.

La Formation de John Rechy, Edmund White

John Rechy, 1967

Rechy est né sous le nom de Juan Francisco Rechy dans une famille mexicaine à El Paso, au Texas, le 10 mars 1931. Son grand-père paternel, un médecin-pharmacien écossais, s’était installé au Mexique puis, en 1910, avait émigré au Texas pour des raisons politiques. Le père de John Rechy, Roberto, avait été un musicien de premier ordre et chef d’orchestre au Mexique, mais il connut un revers de fortune à El Paso. Ce père colérique et frustré, sujet à des rages violentes, est l’un des principaux personnages de l’autobiographie de John Rechy, About My Life and The Kept Woman.

Au bord du gouffre, par Laurent Goummare

« Le fait de rendre public quelque chose de privé a de terribles répercutions sur le monde préfabriqué », écrivait David Wojnarowicz en 1991, soit un an avant de mourir du sida, à 38 ans, dans Au bord du gouffre, comme un pavé lancé à la gueule des années Reagan responsable de « cultiver jour après jour l’illusion d’une Nation monoclanique ».