Spirale

Spirale, David Wojnarowicz

Publié le 20 octobre 2011
Traduit de l'américain par Laurence Viallet
20 €126 pages - papier offset, rabats, 20 dessins par l’artisteISBN : 978-2-918034-02-5

Spirale, écrit en 1992 juste avant la mort de David Wojnarowicz, nous offre une succession de vignettes poétiques et virtuoses, de flash-backs déchirants et auto-biographiques, entrecoupés de dessins de l’auteur, qui était également un artiste reconnu. Au cours de ces quatre fragments qui sont autant de réminiscences poétiques et toxiques, l’auteur évoque ses souvenirs ; l’errance à la recherche d’une étreinte sexuelle furtive, le regard homo-érotique posé sur des hommes parfois dangereux, l’excitation des sens, la violence funeste de l’enfance marquée par le vagabondage, la brutalité et qui préfigure un avenir sombre (un peu comme chez Hervé Guibert dans La Mort propagande). Dans un mouvement proche de celui d’Au bord du gouffre, la thématique du sida infuse peu à peu le texte, infecte les territoires poétiques et oniriques de l’auteur qui doit affronter la disparition de ses amis et sa destruction annoncée, faisant croître sa révolte et sa rage devant la « saloperie dans son sang qui essaie de le tuer ». Spirale est un texte littéraire éblouissant, porté par la mélopée beat d’une prose enfiévrée. On y retrouve la faune cocasse et interlope tant prisée par l’auteur, et en toile de fond un New York bohème qui est celui des chansons de Lou Reed et des livres d’Hubert Selby Jr.
Spirale nous offre le témoignage tout en retenue d’un révolté, un poète visionnaire écorché par la vie, dont la tendresse, la sensibilité, et l’acuité du regard dévoilent à nouveau toute la grâce du talent.

David Wojnarowicz a capturé la voix immémoriale des rues, celle du vagabond, du marginal, du voleur, de la putain,la voix entendue dans le Paris de Villon, la Rome de Pétrone. Ouvrez ce livre et écoutez.
William Burroughs

C’est parce que l’œuvre créatrice de David Wojnarowicz procède de toute sa vie qu’elle a acquis une pareille puissance. Alors que tout semble dit et redit, quelque chose émerge du chaos de David Wojnarowicz qui nous place devant notre responsabilité d’être pour quelque chose dans le cours du mouvement du monde.
Félix Guattari

À propos d’Au bord du gouffre  :
Parce que ce livre est essentiel, qu’il peut habiter vos nuits par le plus grand des rêves et la pire des noirceurs. Parce que la voix d’un écrivain vaut parfois pour tous les morts et les vivants. Et enfin parce que rien n’avait été traduit en France depuis la mort de David Wojnarowicz, il faut lire et traverser ce gouffre de littérature absolue.
Jean-François Kervéan,La Page des libraires

(David Wojnarowicz) mérite d’être associé à la littérature des marginaux qui sont devenus des institutions comme Rimbaud, Lautréamont, Genet, Ginsberg, Burroughs, ou Hubert Selby Jr.
Seconds